AIKIDO

1. Généralités

L’Aikido est un art martial japonais traditionnel et non violent, fondé par Ô sensei Ueshiba Morihei (1883-1969). Pratiqué sans compétition, son enseignement se base sur des principes d’équilibre des énergies et de respect du partenaire. Il s’adresse aux hommes et aux femmes, sans limite d’âges, ni préparation spéciale. Le pratiquant étudie des principes de base propres aux arts martiaux : déplacements, esquives, saisies, distances. Il aborde progressivement le travail à mains nues (taijutsu d’aiki) techniques d’immobilisations, de projections et également le travail des armes (aikijo et aikiken) dans le cadre du dojo.

 

Les textes qui suivent sont extraits de André Cognard, Petit manuel d’aikido,   Centons editions,

2. L’aïkido de Ueshiba Morihei

Le fondateur avait conçu ses techniques par analogie avec les mouvements de la nature, en particulier en observant l’eau. Selon sa conception du mouvement, ce dernier doit suivre une spirale d’énergie (meguri) qui s’exprime autour du centre d’énergie vitale (seika tanden) (…)

Il développe un idée d’harmonie et d’esthétique universelle qui fait largement appel au fond de la culture japonaise (shochikubai , wabisabi) et à une conception mystique du monde. La non violence de cet aikido résidait dans le fait de ne pas s’opposer physiquement à la force de l’attaque mais de la détourner pour la conduire à un point où l’attaquant était dominé par la conjonction de savoir-faire technique, de la souplesse, de l’esprit de non résistance et d’unité avec le monde…

Il développa deux idées très intéressantes dans le contexte martial.

  • Le conflit est créateur
  • La seule victoire juste, c’est celle qui ne fait pas de vaincu

Le conflit est créateur, cela signifie qu’il n’est pas seulement le fait de l’attaquant et qu’il existe une altérité au conflit, sa résolution sans violence permettant de la définir et de l’exprimer. Ceci bien sûr nous introduit alors à la compassion pour l’autre qui, de ce fait, ne peut plus être l’auteur exclusif de sa violence. D’où, l’idée de victoire sans vaincu

3. L’apport de Kobayashi Hirokazu

a. Méguri

D’une part, il conçoit que le meguri est interne et qu’il doit avoir lieu avant le contact physique, ce qui transforme les techniques. L’amplitude des déplacements des pieds peut dès lors diminuer, la stabilité étant assurée par la tenue du centre en mouvement, quelle que soit l’action puisque cette dernière ne nécessite jamais d’extériorisation de la force. Cette découverte autorise le maintien d’une posture parfaitement droite et rompt avec une tradition guerrière de la stabilité par l’abaissement du bassin et la fixité. L’aikidoka est un homme droit et sa rectitude n’est pas due à la conviction de détenir une idée de la justice mais à un devoir-être fondé sur une éthique nouvelle dont une des sources est : « Uke soku seme, seme soku uke ».  Les protagonistes sont égaux dans la relation conflictuelle qui les unit. Ils sont indissociables et la violence est de part et d’autre, le sentiment de raison juste aussi, et la vérité qui se libère de leur interaction appartient au monde. Nul n’en est l’auteur, ils en sont ensemble les interprètes.

b. Compassion

D’autre part, il émet l’idée que la compassion doit être exprimée comme rituel guerrier. En effet, il ne conteste pas l’efficacité du rituel martial sur l’évolution des consciences mais il estime nécessaire que l’aboutissement du rituel ne soit plus la mise à mort symbolique, expression d’une violence déguisée, mais un geste d’amour susceptible d’illustrer le propos de Ueshiba Morihei :

« La vrai force du budo, c’est l’amour »

c. Santé

Le maître de kappo seppo Sumida enseigne à Kobayshi Hirokazu le savoir nécessaire pour transformer toute action d’aikido en technique de santé. Cela est facilté par le fait que le kappo seppo conçoit tous les points mortels comme des points de guérison et qu’il inclut la pratique de sinorthèses et de massages thérapeutiques qui suivenet les mouvements naturels des unités fonctionnelles anatomiques. En fait, cela corrobore les idées de Kobayashi Hirokazu  sur le fait que les meguri sont internes. Il découvre leur existence naturelle dans les chaînes musculaires et articulaires.

Désormais, les meguri suivront ces entités anatomiques qui sont les voies de l’énergie, et s’extérioriseront directement dans le corps de l’uke, sans être visibles en dehors(…). Ainsi, toute technique d’aikido sera une action de santé pour celui sur qui elle s’applique.(…)

Hirokazu Kobayashi fait alors une autre découverte importante. Faire, c’est subir, et subir, c’est faire. C’est une nouvelle étape dans la compréhension de uke soku seme. En effet, la pratique montre que le meguri est d’autant plus efficace que l’executant s’applique à suivre lui-même les voies tracées par les techniques d’aikido. Pour faire un nikyo, on se fait soi-même un kote gaeshi et ainsi de toutes les techniques. L’aikidoka comprend alors qu’il est nécessaire de s’ouvrir pour permettre à l’autre sa propre ouverture à la relation. Kobayashi Hirokazu l’exprime dans ses cours en disant : « Il faut d’abord donner, donner toujours, et puis recevoir ».

Découvrez des vidéos pédagogiques sur les principes de  cet aïkido :

Partie 1


Partie 2


Partie 3